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Acide phosphorique vert (2-2020)

Question

J’ai une demande de renseignement par une grande entreprise industrielle qui possède une grande station d’épuration biologique (rejet direct). Comme ses eaux usées sont pauvres en nutriments, cette entreprise doit ajouter de l’acide phosphorique pour maintenir le bon fonctionnement de sa biologie.

Pour des raisons de coûts, l’opérateur de la station d’épuration se demande s’il peut remplacer l’acide phosphorique classique e (appelé «ancien» (Bilgram) dans l’annexe) par de l’acide phosphorique vert (déchet).

D’après mes recherches sur Internet, l’acide phosphorique vert est obtenu en dissolvant le Ca3(PO4)2 avec de l’acide sulfurique. Il n’est donc pas exclu que l’on trouve plus de polluants dans la qualité verte que dans l’acide phosphorique classique.

  •  Estimez-vous que ce changement est judicieux ou partagez-vous mes doutes quant aux polluants plus importants ?
  • Comment le géreriez-vous ?

Réponse

Nous nous référons à votre demande du 4 février 2020 dans le forum VSA du CC Industrie et artisanat au sujet de l’état de la technique.

La réponse ci-après constitue l’avis technique du VSA.

L’annexe 3.2 de l’ordonnance sur la protection des eaux fixe le principe selon lequel il faut veiller à générer aussi peu d’eaux polluées et à évacuer aussi peu de substances pouvant polluer les eaux que cela est possible sur le plan de la technique et de l’exploitation tout en restant économiquement supportable.

Dans le cas présent, il est possible sur le plan de la technique et de l’exploitation d’utiliser l’acide phosphorique le plus pur avec des concentrations en métaux lourds/impuretés nettement plus faibles. Comme l’ordonnance sur la protection des eaux stipule en principe qu’il faut introduire le moins de pollution possible (dans ce cas également des métaux lourds) dans les eaux usées, la question est de savoir ce qui est économiquement supportable. La définition de «économiquement supportable» se trouve, par exemple, dans l’ordonnance sur la protection de l’air (OPair) et ce, à l’art. 4 al. 3 OPair: Pour évaluer si la limitation des émissions est économiquement supportable, on se fondera sur une entreprise moyenne, économiquement saine de la branche concernée. Lorsqu’il y a dans une branche donnée des catégories très différentes d’entreprises, l’évaluation se fera à partir d’une entreprise moyenne de la catégorie correspondante. Comme l’acide phosphorique faiblement pollué par les métaux lourds a été utilisé jusqu’à présent et qu’il est également utilisé à cette fin dans d’autres entreprises, on peut supposer qu’il est économiquement supportable.

L’apport de polluants (ici aussi la charge en métaux lourds) doit être maintenu aussi bas que possible et l’acide phosphorique ayant la concentration en métaux lourds/polluants la plus faible doit être utilisé.

  • Loi fédérale sur la protection de l’environnement (loi sur la protection de l’environnement, LPE) du 7 octobre 1983; RS 814.01
  • Ordonnance sur la protection des eaux (OEaux) du 28 octobre 1998; RS 814.201